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NOUVEAU : tout ce que vous avez toujours rêvé de savoir sur les anémones et les poissons-clowns en aquarium : anémone de mer et aussi un nouveau concept différent sur le requin qui a toujours de longues dents bien aiguisées, mais il se pourrait qu'il soit bipède et non à nageoires.

SOMMAIRE :

  1. Introduction.
  2. Cherchez tous les conseils !
  3. Décider du type d'installation.
  4. Un bac « FO » est-il plus facile qu'un « récifal » ?
  5. L'essentiel de l'équipement.
  6. Taille et forme de l'aquarium.
  7. Eclairage.
  8. Filtration.
  9. Les autres équipements indispensables.
  10. L'eau de mer dans la nature.
  11. Une stabilité exemplaire.
  12. Des liens pour mieux s'y retrouver.


INTRODUCTION :

patate corallienne

Avant même de commencer, il faut tenir compte de cet avertissement :

Débuter un aquarium marin provoque un sérieux changement des modèles comportementaux humains. C'est ainsi que vous serez surpris à regarder et à observer, complètement rêveur, votre aquarium pendant des heures, appuyé sur vos coudes, votre tête entre vos mains... Vous vous prendrez à téléphoner à l'amour de votre vie (ou n'importe qui !!!) au milieu de la nuit seulement pour dire que vous venez juste de découvrir un nouveau polype de méduse ou un nouveau vers d'environ 1 mm de long, tout fin et rouge flamboyant… Ou encore, vous admirerez sans modération votre aquarium géographique, représentatif du biotope choisi ! Vous n'achèterez plus de nouveaux vêtements ou de meubles parce que votre aquarium diversité marine a REELLEMENT besoin de ce nouvel éclairage, de ce nouvel équipement…

Bref, vous entrez dans un univers à multiples dimensions, celui de la passion... Immodérément.

De nombreuses abréviations courantes dans le langage des aquariophiles marins sont utilisées. Vous trouverez leur définition dans le glossaire en toute fin de ce document.

CHERCHEZ TOUS LES CONSEILS :

En conséquence et en tout premier lieu, glanez d'abord tous les conseils possibles :

  • Souvent, la première source d'informations que vous aurez se trouve dans le magasin local d'écailles ou dans une animalerie. Premier principe dont il faut se rappeler, ces professionnels n'ont rien de philanthropes et ils existent principalement pour « faire » de l'argent et cela sans gagner un résultat gagnant un vendredi 13! Qu'ils gagnent de l'argent ou soient près de la faillite importe peu, ils essayeront toujours de vous vendre le plus cher des articles (souvent tout à fait inutile), ou plus subtil, de préférence quelque chose que vous devrez améliorer plus tard (c'est-à-dire une autre vente pour eux…). Ceux-ci sont encore de bons magasins ! Les mauvais magasins vous vendront également des êtres vivants incompatibles avec votre aquarium, ou des poissons malades ou non acclimatés, ou même des poissons pêchés avec des poisons (cyanures). Ils savent, la plupart du temps car ce sont des professionnels, à l'avance qu'ils mourront après quelques jours. Mais qui sera blâmé ? VOUS car votre eau est de mauvaise qualité (un seul paramètre défavorable leur donnera raison), car votre filtre n'est pas adapté, etc... Du coup, « vous avez également besoin de cet UV 'C' pour stériliser l'eau et endiguer la maladie des points blancs » quand une simple augmentation de température de l'eau peut suffire. Comme vous n'êtes pas sûrs de vous-même, vous achetez inévitablement plus d'équipements, habituellement superflus mais qui remplit le portefeuille du vendeur… En première conclusion : ACHETEUR, PRENDS GARDE.
  • Une deuxième source de renseignements réside dans les livres. Malheureusement, ceux-ci sont souvent à la traîne ou « à la ramasse » car trop vieux et souvent périmés. Nombres de livres que nous consultons ont dix ans ou plus et bien des connaissances changent entre temps. La connaissance des poissons et leur survie en aquarium (par exemple, les Zanclus cornutus étaient interdits de séjours dans les années 1990 alors qu'on peut leur offrir un environnement viable actuellement) avancent à grandes enjambées. Toutefois, les connaissances anciennes sur le 'vivant' sont rarement contredîtes ultérieurement, elles sont simplement améliorées. En revanche, les techniques utilisées pour la maintenance de nos chères (!!!) écailles progressent tous les jours. Un livre traitant du matériel technique tels que les filtres, un écumeur, l'éclairage, …, devient rapidement obsolète car de nouveaux équipements sont développés et chaque année voit sa vague de nouveautés. Aussi, avant que vous décidiez de n'importe quoi pour votre matériel, posez des questions sur ce que les livres indiquent. J'occulte les magasines car ceux-ci ne traitent presque jamais des matériels par des comparatifs, la publicité à l'intérieur de ces revues les oblige à une autocensure peu compatible avec des conseils raisonnables !
  • La troisième source extrêmement réactive est en 'direct live' : Internet avec les groupes de discussions. Les forums présentent un avantage de poids car les personnes intervenant sur ces derniers n'ont aucun gain financier à venir par ce qu'elles recommandent et sont généralement et habituellement impartiales. Il faut toutefois émettre un bémol avec la menace d'un risque de dérapage qui consiste à glorifier tel matériel au détriment d'un autre. Par exemple, « moi, j'ai l'écumeur YYY, ou la pompe ZZZ, c'est le meilleur matériel du monde, utilisez-le ! » ou « j'ai maintenu 10 poissons anges de 25 cm avec 4 groupes de 6 demoiselles de 14 cm dans un aquarium de 200 litres pendant les 5 dernières années, c'est facile, on peut le faire ! ». Faîtes préciser si c'est en même temps ou les uns à la suite des autres… !!! Lorsque plusieurs intervenants donnent leur avis sur le même sujet et que ces avis convergent, faîtes-leur confiance, eux au contraire des vendeurs, n'ont rien à gagner sauf vos remerciements. Les clubs et associations d'aquariophilie sont également une source de conseils fort utiles. Ils apportent, en outre, un avantage non négligeable : la main d'œuvre. Toutefois, sauf à trouver au sein de votre club la personne ayant strictement l'expérience que vous recherchez, les sources de conseils seront plus limitées que sur Internet, mais, il faut le reconnaître, c'est un plus dont il ne faut pas se passer.

Tout en recueillant vos informations, vous devez toujours avoir à l'esprit : est-ce logique ?, est-ce en accord avec ce que les livres disent ?, est-ce le point de vue des « experts » sur Internet ? Vous devez également obtenir autant de recommandations et de précisions que vous pouvez et, alors, essayer de décider ce qui est exact POUR VOTRE SITUATION PARTICULIERE. Même certains des « experts » les plus notables sur Internet ne peuvent pas tout connaître, surtout votre situation A VOUS, et ainsi ne pas trouver ce qui est le plus juste pour vous. Les bases, les fondations d'un aquarium sont galvaudées et connues : un certain consensus apparaît à ce propos. Il faut donc toujours revenir sur ces bases solides en cas de doute. Si vous obtenez un conseil qui sort des sentiers battus, circonspection et méfiance seront vos règles.

DECIDER DU TYPE D'INSTALLATION :

Avant d'acheter « n'importe quel » équipement, vous devriez décider de quel type d'environnement (ou installation) vous souhaitez. Certains vont arguer du fait qu'il est plus facile de réaliser un aquarium avec seulement des poissons, car les poissons peuvent résister à un plus grand degré de fluctuations de qualité et de pollution de l'eau. Et cette affirmation est à peu près juste (voir ci-après) en comparaison des aquariums dits « récifaux ». Cependant, il faut relativiser. En effet, un aquarium récifal est légèrement plus difficile, mais est beaucoup plus intéressant car plus diversifié. Il donne également plus de satisfactions et accentue le sens du terme : accomplissement. Aussi, beaucoup de gens commencent avec un bac FO (Fish Only*) et veulent passer au récifal en améliorant et en ajoutant et en… etc. Ceci a invariablement comme conséquence de remplacer l'équipement existant d'origine car, pour des soucis d'économies initiales, la qualité utile et nécessaire pour du récifal n'est pas identique à celle d'un bac FO. Je souhaiterais proposer que vous achetiez votre matériel en ayant toujours à l'esprit le mot « récifal ». Conservez vraiment ce mot en mémoire, même si au commencement, vous ne projetez que la maintenance de poissons seulement.

Un mot a été écrit : économies. Il ne sera jamais suffisamment dit et répété qu'un aquarium d'eau de mer, même s'il constitue un aboutissement dans la passion d'un aquariophile, coûte CHER, TRES CHER, surtout en comparaison d'un aquarium d'eau douce.

UN BAC « FO » EST-IL PLUS FACILE QU'UN « RECIFAL » ?

Un énoncé général veut qu'un aquarium de type FO soit le plus facile de maintenance, ou, exprimé à l'inverse, qu'il est beaucoup plus difficile de conserver un aquarium récifal avec des coraux, des invertébrés, etc. C'est une affirmation fallacieuse et totalement déloyale et injuste envers un aquariophile marin débutant. Je m'explique :

Personnellement, j'estime que l'expression « maintenance facile », s'applique plutôt à un aquarium récifal avec quelques coraux mous, des crevettes nettoyeuses et quelques vers tubicoles. Ceci est en effet beaucoup plus facile que de garder des poissons car ces invertébrés causent beaucoup moins de pollution et occasionnent donc beaucoup moins de charge organique sur l'écosystème biologique. Le système de filtration devient alors bien moins critique et d'importance moindre pour assurer une maintenance à long terme tout en espaçant les changements d'eau, etc. Les invertébrés ne subissent pas de maladies courantes comme le point blanc (par exemple). Beaucoup de coraux et autres animaux photosynthétiques ne s'alimentent que de lumière et n'ont besoin d'aucune autre alimentation, ce qui fait évidemment décroître la pollution induite par ces animaux. Une quantité minimum de lumière est nécessaire, mais, heureusement, certains coraux n'ont besoin que d'un éclairage peu puissant et peuvent être conservés sous des tubes fluorescents normaux (il en faut un certain nombre quand même !).

La partie 'difficile' de maintenance d'un aquarium récifal intervient lorsque vous voulez conservez un bon nombre de poissons dedans ! C'est justement cela qui ne fonctionne pas très bien et ne doit absolument pas être recommandé aux novices ! Commencez plutôt avec un aquarium récifal simple et peu important mais avec un bon nombre de PV (Pierres Vivantes), l'élément essentiel de la filtration biologique, de quelques coraux mous 'faciles' (coraux cuirs, anémones disques, corail gazonnant), de quelques vers tubicoles (sabelles), etc. et seulement quelques poissons compatibles avec un aquarium marin récifal.

N'oubliez pas qu'un aquariophile marin voudra, tôt ou tard, toujours mettre quelques coraux. Prévoyez-le à l'avance ! Aussi, apprenez autant que vous pouvez au sujet des différentes méthodes de filtration, de la compatibilité des animaux entre eux, de la nourriture et de l'alimentation, tant des poissons que des coraux et toute autre information qui vous semblera utile. Vous pourrez ainsi de mieux en mieux planifier votre installation en ALLANT LENTEMENT.

Avec les aquariums marins, on peut énoncer une règle :

DANS UN AQUARIUM RECIFAL, SEULES LES MAUVAISES CHOSES SE PRODUISENT RAPIDEMENT !

Si vous remplissez votre aquarium avant qu'il n'ait effectué un cycle complet, vous tuerez probablement vos animaux. Si vous approvisionnez votre bac trop rapidement, une autre phase transitoire du cycle de l'azote (avec ammonium et nitrites), tuant encore probablement vos animaux. Au mieux, vous aurez des algues à problèmes (filamenteuses) ou encore des poissons malades dont l'espérance de vie est irrévocablement et sérieusement écourtée. Rappelez-vous que c'est un passe-temps à long terme et il n'est pas rare de constater qu'un aquarium se stabilise seulement correctement après 6 mois ! N'oubliez pas non plus que vos coraux peuvent vous survivre et même certains poissons très communs peuvent vivre 20 ans et plus si vous faîtes preuve de PATIENCE.

L'ESSENTIEL DE L'EQUIPEMENT :

L'équipement matériel ne se doit pas d'être très cher (ce n'est pas le but, bien au contraire), mais il est fréquent que cela coûte beaucoup plus cher que ce que vous aviez à l'esprit à l'origine. Il n'est pas utile de choisir les prix extrêmes, tant vers le bas que vers le haut. C'est particulièrement pour cette raison que vous devez toujours savoir là où vous souhaitez aboutir et ne pas vous détourner de la voie initialement choisie. Si vous déviez, c'est à ce moment que notre passion devient horriblement ruineuse (elle est déjà un peu onéreuse au départ, il n'est vraiment pas indispensable d'en rajouter !).

L'équipement minimum d'un aquarium d'eau de mer est constitué de l'aquarium, l'éclairage, la filtration et le brassage. Les autres équipements restent simples et beaucoup sont optionnels.

TAILLE ET FORME DE L'AQUARIUM :

Bien qu'il soit envisageable de conserver avec succès des aquariums marins très petits (pico, nano et mini récifs de moins de 150 litres), c'est un domaine spécialisé avec un champ d'application restreint. Ce n'est vraiment pas l'idéal pour un débutant. On peut considérer qu'un aquarium de 200-250 litres est un volume minimum « acceptable », mais plus, c'est mieux ! Et à partir de 300 litres, c'est correct et viable pour une longue durée.

Un rappel de conventions (à cause du système mathématique euclidien du type XYZ usuellement utilisé) : les dimensions d'un aquarium se notent Longueur (L) x largeur (l) x hauteur (h). Le mot « profondeur » est à proscrire car il peut indiquer la largeur autant que la hauteur et provoquer ainsi des non-sens ou des incompréhensions !

En même temps que le volume, la forme de l'aquarium a son importance aussi :

  • Des aquariums très hauts paraissent plus naturels quand on les regarde. Cependant, ils exigent un éclairage plus intense. De plus, ils ne devraient pas avoir une bio-charge supérieure que celle du même aquarium de hauteur plus faible car c'est la superficie (longueur x largeur) de la vitre du bas qui est la plus importante, déterminante (enrochement avec les PV), hormis le volume total de l'aquarium.
  • Un plus grand aquarium sera plus stable dans ses paramètres (inertie) et pardonnera plus quelques petites erreurs ou supportera plus un manque de soins passager. Un petit poisson mourant dans un aquarium (mûr) de 450 litres n'aurait probablement strictement aucun effet sur la qualité de l'eau. Que le même petit poisson meure dans un aquarium de 100 litres causera très probablement un pic ammoniacal, une explosion d'algues filamenteuses et peut-être la mort de tout ce qui existe dans le bac. Remarque très personnelle : c'est généralement dans ce cadre de malheur que les gens proclament qu'un aquarium d'eau de mer coûte très cher, que c'est franchement très difficile et à réserver à quelques experts, et quelque part, c'est logique puisque dans ces conditions, il faut racheter tous les (chers) animaux tous les 6 mois au lieu de les conserver 10 ou 20 ans !
  • Vos poissons seront bien moins soumis au stress dans un plus grand aquarium (s'il n'est pas surpeuplé !) car il y a plus de place pour échapper à d'éventuels agresseurs et cela autorise chaque poisson à posséder son territoire.
  • Un aquarium percé et muni d'un système de débordement est bien mieux qu'un aquarium traditionnel avec un déversoir annexe pour réaliser l'amenée d'eau à la cuve technique ou décantation. Il autorise aussi un écoulement et un débit d'eau bien supérieur. Le bac percé est également plus sûr car, sans la présence d'un siphon (utilisé avec les déversoirs), cela écarte le risque de débordement du bac et/ou de la cuve technique.
  • Une surcharge électrique peut provoquer un dérèglement complet des pompes et favoriser la création d'un flux (une vague) de 20 litres d'eau d'un coup. Dans un aquarium de 200 litres, l'afflux subit de 20 litres, c'est l'équivalent d'un raz de marée avec le débordement qui s'en suit. Dans un aquarium de 500 litres, cela représentera une vague sans plus, le sol restant sec…, et dans un aquarium de 1000 litres, la surface de l'eau frémirait à peine.
  • La forme de l'aquarium doit tenir compte des animaux qui vont être hébergés. Par exemple, un poisson chirurgien est « taillé » pour nager rapidement et sur de grandes distances, il aura donc besoin de bacs assez longs, tandis que le poisson clown qui ne bouge guère de l'environnement de son anémone se contentera de beaucoup moins d'espace de nage et préférera un bac relativement haut afin que l'anémone (et les poissons avec…) trouve une position dominante dans le bac. Un gobie tamiseur avec sa crevette symbiotique nécessite une bonne hauteur de sable et donc un bac assez haut, etc. Un petit aquarium ne peut réunir toutes ces qualités, un grand le peut.

La plupart du temps, l'inconvénient majeur d'un plus grand aquarium (hors le problème de l'emplacement) reste financier :

  • Remplir le bac et les changements d'eau partiels coûtent plus cher car ils sont directement liés au volume.
  • Un plus grand aquarium exige plus de PV afin qu'il soit correctement filtré. Or, les PV représentent un des achats les plus onéreux, le nombre de kg de PV étant intimement lié au volume du bac, le coût total augmente considérablement.
  • Evidemment, on voudrait plus de coraux, etc. En fait, ceux-ci sont ajoutés après la période d'achat initial et ils sont étalés dans le temps, ne laissant pas un énorme trou dans le portefeuille ! D'autre part, la patience va vous faire réaliser bon nombre d'économies (les coraux grandissent et grossissent).
  • D'un point de vue pratique, un plus grand aquarium est plus difficile d'entretien et le nettoyage est plus fastidieux car il faut pouvoir atteindre certains endroits du bac (pas toujours évident !).
  • Une plus grande quantité d'animaux, de PV, etc… augmente le risque financier et de perdre un investissement important s'il y a un arrêt total du courant sur une longue période, si l'aquarium se fend, si une maladie vient enrayer tous les efforts, ou tout autre désastre non prévisible. L'exemple de la coupure de courant peut vous faire considérer l'achat d'un équipement « de secours » (un aérateur et une pompe 12 volts, un générateur de courant, …) comme un investissement raisonnable en regard de ce qu'il peut sauvegarder et permet de dormir sur ses deux oreilles, sans s'inquiéter, durant la nuit ou en vacances.

Toutefois, il faut relativiser et un aquarium de 300 litres ne coûte pas du tout 3 fois plus cher qu'un aquarium de 100 litres. Ce n'est pas proportionnel.

ECLAIRAGE :

Notez que les indications de puissance par litre (W/L) sont émises sur la base du volume extérieur brut de l'aquarium et basée sur une température de couleur de 10 000K. Celles-ci sont à moduler en fonction de la hauteur du bac qui reste l'élément principal pour déterminer une puissance minimum et la température de couleur des lampes utilisées. Les verres de couvertures fréquemment employés en eau douce sont définitivement à proscrire et à bannir en aquariophilie marine (sauf éventuellement en bac purement FO) car ils atténuent beaucoup trop la puissance lumineuse (20% au moins selon l'épaisseur du verre) et modifient le spectre lumineux pénétrant dans l'eau (principalement le bas du spectre vers la zone des UV et du bleu, et c'est surtout le bleu que l'on recherche !!!).

Le type et la puissance lumineuse de l'éclairage dépendent du type d'installation :

  • Un aquarium de type FO a seulement besoin d'assez de lumière pour regarder les poissons confortablement. ½ W/L est souvent suffisant.
  • Si vous employez des PV (Pierres Vivantes) dans votre aquarium, vous ne devriez pas avoir moins de ¾ W/L, et davantage est bien meilleur. Cette règle s'applique même si vous hébergez uniquement des poissons.
  • L'éclairage pour des coraux mous (donc avec des PV) ne devrait pas être inférieur à 1 W/L.
  • Les coraux durs, les bénitiers et les anémones nécessitent des puissances bien supérieures atteignant, de préférence, 1,5 à 2 W/L selon la hauteur d'eau. Des puissances au-delà de 2 W/L (> 2,5 W/L) permettront la maintenance des espèces de coraux durs de type SPS les plus délicats et les plus exigeants !

Le type d'éclairage est également important :

  • Les tubes fluorescents classiques NO (T8 ou T5 en norme Normal Outpout) sont surtout utilisés sur des bacs FO ou FO avec PV. Les T5 peuvent également être employés avec succès avec des coraux mous et même des T8 si la hauteur d'eau est faible et s'il existe un espace assez large pour adapter de nombreux tubes. Ceci ne vaut qu'avec des tubes munis de réflecteurs (propres et nettoyés souvent) car sans réflecteur, vous n'utilisez au mieux que 40-45% du flux lumineux émis par le tube qui est rond (donc, 50% des rayons lumineux partent vers le haut et sur les cotés sans être « récupérés » et une galerie de couleur blanche n'amène guère de progrès). Muni de son réflecteur, vous pouvez espérer une amélioration permettant de disposer de 80 à 90% du flux lumineux émis par le tube, toujours dans des conditions de propreté idéales (le tube et le réflecteur sont généralement très vite souillés d'éclaboussures de sel).
  • Les tubes néons du type VHO (Very High Outpout, rendement très élevé) comme certains T12 sont issus d'une technologie assez vieille et deviennent de plus en plus difficile à trouver. Il faut toutefois citer un tube en particulier : la référence TL03 de la marque Philips qui est un tube à spectre supra-actinique qui dispose d'une puissance de 140 W en 150 cm de longueur. De plus, c'est inutile avec des plantes halophiles comme l'armoise.
  • Les lampes HQI (ou MH, Metal Halide en anglais) sont les sources d'éclairage les plus lumineuses disponibles et égalent presque l'intensité de la lumière du soleil. Elles sont probablement le type de lampes le plus convenable et le plus adapté pour éclairer les aquariums de bonne hauteur et elles sont quasiment indispensables pour les installations récifales avec des coraux durs SPS, des bénitiers ou des anémones. Un autre avantage très net des lampes HQI réside dans la qualité du bon rendu des couleurs allant jusqu'au rayonnement ultraviolet (UV). De par l'émission d'UV, ces lampes HQI devront toujours être distantes d'au moins 30 cm de la surface de l'eau (ou, mieux, munies d'une vitre de protection dont le verre a une proportion élevée en silicate). Pour mémoire, les UV brûlent les coraux.
  • Les lampes fluorescentes compactes (Power Compact), malgré leur utilisation courante outre-atlantique, ne sont que très peu disponibles (en fait, presque pas diffusées ni commercialisées) en Europe, sauf dans de très faibles puissances (c'est régulièrement l'éclairage privilégié des nano récifs). C'est dommage, car elles représenteraient une excellente alternative aux HQI lorsque le manque de place en hauteur se fait sentir ou encore pour des raisons esthétiques.

La « température de couleur » (qui détermine un rayonnement lumineux et s'exprime en Kelvin -K-) de la source lumineuse est également très importante. L'eau « absorbe » les couleurs de lumière de longueurs d'ondes les plus élevées (le rouge, puis l'orange, puis le jaune) à très faible profondeur dans l'océan. La lumière issue de longueurs d'ondes plus courtes comme le vert, le bleu et le violet pénètrent plus profondément dans l'eau. En plongeant en dessous de la surface de l'eau, la lumière rouge disparaît d'abord, le jaune devient inexistant à partir de 5 m (cela signifie qu'un poisson jaune qui nage par six ou sept mètres de profondeur n'apparaîtra plus jaune, mais gris, car la couleur originelle n'est visible pour l'œil uniquement parce que son corps réfléchit le spectre jaune de la lumière du soleil) et la dernière couleur à rester visible en profondeur est le violet. Le phénomène qui conduit à l'absorption de la lumière par l'eau n'a rien à voir avec la teneur en sel et cette salinité n'a aucune incidence réelle sur cette diminution (quasiment identique à celle constatée avec de l'eau distillée). Les réels « absorbeurs » de lumière sont les substances dissoutes (comme les substances colloïdales jaunes) et les éléments non dissous en suspension dans l'eau qu'ils soient inorganiques (les sédiments calcaires par exemple) ou organiques (comme le plancton rouge -vivant- ou vert -algues-).

Une valeur basse de Kelvin correspond à une lumière à longueur d'onde élevée, donc à dominante rouge, à l'inverse, une valeur élevée de Kelvin correspond à une lumière à onde courte, donc à dominante bleue. La lumière rougeâtre d'un soleil couchant possède une valeur Kelvin relativement basse de l'ordre de 2500 à 3900 K, la lumière naturelle par un jour nuageux possède une valeur de l'ordre de 5000 K tandis qu'avec un ensoleillement « normal », on admet que la lumière du soleil à la surface de l'eau a une température de couleur moyenne aux environ de 6500 K (ces valeurs indicatives dépendent complètement de la zone géographique terrestre et des saisons auxquelles les mesures sont prises). Sur certaines zones de la terre, un ciel bleu dégagé par un jour de fort ensoleillement peut avoir une température de couleur atteignant 20 000 K et plus.

En admettant une valeur moyenne « naturelle » proche de 6500 K à la surface de l'eau, sans étayer ses valeurs par des graphiques complexes, la couleur rouge étant stoppée dès les premiers décimètres d'eau, à partir de 1 m de profondeur, la température de couleur se rapproche bien plus des 10 000 K jusqu'à environ 10 m de profondeur. Au-delà de 15-20 m de profondeur, la partie du spectre encore présent est équivalente à une température de couleur de 20 000 K.

Puisque la plupart des coraux vivent près de la surface, la lumière en 10 000 K représente réellement une valeur normale. Si on installe un aquarium récifal contenant des espèces vivant à plus grande profondeur que 10 m à l'état naturel, il vaut mieux employer des lampes en 20 000 K. Les valeurs intermédiaires (13 000, 14 000 K, etc) sont des paliers intéressant en fonction des espèces hébergées. Rappelez-vous que l'intensité lumineuse (les Lumens) d'une lampe diminue de moitié en même temps que sa température de couleur double. Ainsi, grossièrement, on peut dire qu'une ampoule en 20 000 K émet 2 fois moins (!!!) de Lumens que l'ampoule équivalente en 10 000 K.

Personnellement, j'estime que le couple « HQI 10 000 K + tube actinique » convient à la très grande majorité des situations rencontrées en aquarium récifal. Les tubes actiniques permettent des transitions jour/nuit moins violentes qu'avec les HQI, ils rehaussent aussi la température de couleur globale, ils apportent une touche plus froide (bleuté) à ce que nos yeux voient et ils font ressortir les couleurs irisées/métalliques de certains coraux. Ils cumulent donc de nombreux avantages et il ne faut pas s'en priver même si cela complique légèrement l'installation de l'aquarium.

La puissance nécessaire de chaque spot ou lampe HQI dépend de la hauteur de l'aquarium. Ainsi, pour un bac de moins de 50 cm de haut (hors tout, c'est-à-dire avec 40-45 cm de hauteur exploitable car on réserve généralement 5-10 cm en haut pour quelques éléments techniques), une puissance de 150 W suffit alors qu'au-delà de 90 cm de haut, il faudra des lampes de 1000 W. On peut ainsi se reposer sur ce tableau :

Hauteur hors toutHauteur utilePuissance en Watts
Jusqu'à 50 cm40 cm150 W
Jusqu'à 60 cm50 cm250 W
Jusqu'à 80 cm60 à 70 cm400 W
90 cm et plus80 cm et plus1000 W

Ce ne sont que des valeurs indicatives empiriques couramment constatées et basées sur des lampes en 10 000 K pour la maintenance de coraux durs SPS.

Finalement, n'éclairez pas trop longtemps : 11 à 12 heures d'éclairage complet par jour sont suffisantes. Si vous voulez un aquarium éclairé plus longtemps, installez-y une veilleuse de faible intensité et n'oubliez pas que les poissons ont l'habitude de dormir au moins une dizaine d'heure dans les mers et océans tropicaux. Laissez-les se reposer aussi.

FILTRATION :

La filtration et l'élimination biologique des produits indésirables dans l'eau vont distinguer le cas du 'avec' ou 'sans' coraux.

  • La filtration d'un bac purement FO sans aucun invertébré (c'est-à-dire sans crevette, ni bernard-l'hermite, et encore moins une anémone et évidemment sans coraux), peut se contenter d'un filtre du type sec/humide (comme ceux utilisés en eau douce). Ce type de filtration laisse le niveau des nitrates à un niveau bien trop haut pour espérer pouvoir y faire survivre autre chose que des poissons robustes.
  • Les filtres sous sable (sous gravier) devraient être évités dans la mesure du possible (ce sont des antiquités inadéquats de nos jours) car ils produisent également des niveaux inadmissiblement élevés de nitrates.
  • Les filtres « boîtes » sont de bons filtres 'mécaniques', mais leur rôle s'arrête là car ils tendent à produire un excès de nitrates dans l'aquarium.

En résumé, dès qu'on entre dans l'univers des invertébrés, il faut passer à des solutions plus biologiques (traitement biologique de l'eau) et bannir l'utilisation des types de filtres précédemment cités qui maintiennent malgré eux des niveaux de nitrates incompatibles avec le niveau (très bas, voir nul) supporté par les invertébrés de toute nature, les coraux durs restants les plus sensibles à ce sujet. Il faut donc se diriger vers l'emploi de méthodes (appelées Berlinoise, Jaubert ou encore Ron) qui, pour certaines, font appel à un écumeur.

Dans le principe d'une filtration dite 'biologique', les déchets organiques des consommateurs (les animaux) sont transformés en matières inorganiques, donc inertes, qui serviront ultérieurement aux producteurs (les algues) à fabriquer des tissus vivants et la boucle est bouclée : c'est le cycle de l'azote.

  • L'écumeur consiste à utiliser un procédé physique de nettoyage de l'eau qui enlève certaines substances avant leur transformation et décomposition en ammoniaque nocif, etc… La charge organique restante est sérieusement baissée et cela diminue considérablement le travail restant au niveau du traitement biologique pour accomplir l'assainissement de l'eau. En conséquence, achetez le meilleur écumeur que vous pouvez vous permettre. C'est l'équipement technique le plus important que vous achèterez. Ne croyez pas toujours les chiffres annoncés par les fabricants, il n'est pas rare qu'un écumeur indiqué pour '1000 L maxi' soit incapable de traiter, ne serait-ce que la moitié de ce volume. Cela dépend des marques qui ne prennent pas les mêmes bases de calculs. Renseignez-vous !!!
  • Les Pierres Vivantes (PV) (et/ou du sable vivant pour les méthodes Jaubert et Ron) assument entièrement le traitement biologique de l'eau, rien d'autre n'est 'virtuellement' nécessaire (hormis l'écumeur). Comptez environ 20 kg de PV pour 100 litres de volume brut du bac. Selon la qualité et la densité (porosité) de ces roches, cela représentera environ 30% du volume de l'aquarium et c'est surtout ce dernier chiffre qu'il faut atteindre. Les PV sont essentielles pour la stabilité à long terme de l'aquarium, c'est à dire un niveau de nitrates extrêmement bas !
  • (DEVELOPPER SUR LES DECANTATIONS !!!)

LES AUTRES EQUIPEMENTS INDISPENSABLES :

  • Le chauffage : des thermoplongeurs classiques suffisent quoique pour des volumes plus importants, il soit possible de faire appel à des résistances couplées à un thermostat électronique extérieur avec sonde. Pour des raisons de sécurité (en cas de dérèglement), il est souhaitable d'utiliser 2 petits combinés chauffants plutôt qu'un seul de grande puissance. Ainsi, si l'un se met à chauffer inconsidérément, l'autre ne fonctionnera pas et limitera l'augmentation de chaleur. Inversement, si l'un des 2 venait à tomber en panne, le second évitera une baisse trop importante et assurera une chaleur minimum jusqu'à la découverte du problème. Pour cela, placez des thermomètres que vous visualisez facilement sans avoir à vous tordre le cou ! Pour calculer votre puissance de chauffage conseillée, utilisez le « module de calcul et conversions ». On peut toutefois résumer avec cette règle approximative : 1 W/L en dessous de 500 L et ½ W/L à partir de 500 L. Si vous éclairez avec des HQI, réglez la température du chauffage sur 24°C, les HQI augmenteront progressivement, durant leur phase de fonctionnement, la température de 2°C environ.
  • Les thermomètres : (voir ci-dessus pour le placement) tout comme pour le chauffage, 2 valent mieux qu'un. Rappelez-vous que les thermomètres digitaux (sous forme de stick à coller sur le coté extérieur de la vitre) sont notoirement imprécis. Munissez-vous de préférence de thermomètres en verre (les grand modèles sont plus précis que les petits modèles), ou encore mieux, d'un thermomètre électronique avec alarme (qui reste abordable en coût)…
  • Un osmoseur : il est capital d'employer de l'eau douce « pure » et non polluée pour compenser l'eau évaporée ou pour fabriquer de l'eau de mer au cours des changements partiels. En effet, en récifal, une eau sans nitrates ni phosphates est impérativement nécessaire. Or, malheureusement, l'eau de conduite de nos robinets devient de plus en plus chargée de ces inopportuns ! L'utilisation d'un osmoseur filtrera également les possibles dépôts de cuivre (ou autres métaux lourds comme le plomb) des canalisations d'une habitation un peu ancienne. Le phénomène d'osmose inverse employé stoppe aussi les bactéries et autres germes nocifs (souvent non contaminants pour l'homme, mais pouvant l'être pour les coraux ou les poissons) contenus dans l'eau. De plus, cet accessoire, est devenu peu cher et simple d'emploi (se connecte sur un simple robinet de cuisine). Continuer à employer de l'eau courante mène invariablement à la même manifestation dans le bac : des algues indésirables.
  • Un aérateur : si vous faites un bac FO sans écumeur, il faut oxygéner l'eau à l'aide d'une (ou plusieurs) pompe à air et des diffuseurs en bois de tilleul : les seuls qui ne se colmatent pas en eau de mer et font de très fines bulles améliorant les échanges air/oxygène/eau par une plus grande surface de contact. Le débit d'air nécessaire doit s'approcher de 2 L d'air par heure par L d'eau. Ainsi, pour un bac de 360 L, il faut des pompes à air produisant 720 litres d'air au minimum. Dans tous les cas, un petit aérateur est utile pour la préparation de l'eau. Pensez aussi à investir dans un aérateur fonctionnant sur piles ou batterie pour les cas de coupures de courant.
  • Un densimètre : c'est un outil absolument indispensable pour mesurer la densité en sel (ou salinité) de l'eau. Ceux en plastique avec une aiguille sont passablement imprécis. Prenez-en un, de préférence, en verre et assurez-vous que ce densimètre est calibré pour une température de 25°C. Un idéal pour mesurer la salinité consiste en l'utilisation d'un conductivimètre électronique (attention à la plage d'utilisation spécifique de l'eau de mer, différente de l'eau douce). C'est une solution de très grand luxe onéreuse.réfractomètre Encore une solution : le réfractomètre. C'est un appareil permettant de déterminer avec précision la densité de l'eau de mer avec une plage d'utilisation extrêmement large commençant à 1000 avec une précision de 0,001 et compensation de la température de 10-30° (variable selon les modèles). Ce dernier appareil est l'idéal : d'un coût bien moindre qu'un conductivimètre, il fera également le bonheur des aquariums avec de l'eau saumâtre dans lesquels la faible densité est souvent difficile à lire avec précision sur les densimètres à aiguilles.
  • Le sel : les sels synthétiques tout préparés ne sont pas tous de la même qualité et certains ne sont pas bons. Lisez l'étiquette du paquet et posez des questions avant d'acheter ! Au minimum, une mention indiquant « sans phosphates, sans nitrates » est rassurante sur la qualité ! Le sel est impératif pour le démarrage du bac (forcément, en eau de mer…) et pour les changements d'eau partiel. Les dosages afin d'atteindre une densité à 25°C de l'ordre de 1024 sont généralement de 1 kg de sel pour 30 litres d'eau. Vérifiez toutefois avec les instructions sur le paquet. Notez qu'il faut verser le sel dans l'eau osmosée et non verser l'eau sur le sel. Ceci s'explique par la présence des agents fixateurs contenus dans les bons sels : ceux-ci, par réactions chimiques de contact, vont faire précipiter les métaux lourds au fond de la cuve annexe de préparation de l'eau salée et finir de stériliser l'eau préparée. La préparation de l'eau salée avec les sels synthétiques prend au moins 24 heures pour bien mélanger tous les constituants : utiliser un combiné de chauffage pour amener la température de cette eau à la même température que l'eau de l'aquarium et un aérateur (ou une petite pompe de circulation d'eau) pour oxygéner l'eau et lui donner un pH correct avant son introduction dans le bac principal.
  • Les pompes à eau : (nous reviendrons sur ce sujet pour la partie spécifique au brassage). Si vous utilisez une cuve technique/décantation sous l'aquarium, il faut que la (ou les) pompe de remontée d'eau soit suffisamment puissante pour réaliser un débit de 3 à 5 fois le volume de l'aquarium. Le débit initial généralement indiqué n'est pas un paramètre suffisant, il faut tenir compte de la hauteur de la colonne d'eau remontée. Renseignez-vous mais sachez qu'il n'est pas rare de devoir utiliser une pompe de 4000 L/h pour avoir en final un débit réel de 2000 L/h 1,50 m plus haut.
  • Les tests d'eau : évidemment, le matériel électronique sera à préférer aux tests avec réactifs liquides. Notez immédiatement une incompatibilité de la plupart des tests en bandelettes avec l'eau salée car ceux-ci tentent de mesurer le GH (ou TAC), ce qui est fort délicat tant la valeur est haute (supérieure à 350°GH). D'ailleurs, c'est un test dont vous n'aurez pas besoin en eau de mer ! Pensez toujours à vérifier la compatibilité d'un test avec l'eau de mer, il est fréquent que certains tests ne fonctionnent qu'en eau douce. Le test pH doit être adapté à une échelle pour l'eau de mer. L'eau de nos bacs doit se trouver à une valeur idéale de 8,2, une fourchette de 8,0 à 8,4 étant satisfaisante. Le test KH (ou TH) est également important car il révèle la stabilité du pH. Sa valeur doit se situer aux environs de 7°KH, soit la valeur de l'eau de mer naturelle. Toutefois, une fourchette de 6 à 9°KH est acceptable dans les paramètres de l'eau de votre aquarium. Un test pour les nitrates NO3- est indispensable dès lors de la conservation d'invertébrés. Le taux doit être le plus faible possible et presque nul si des coraux durs sont présents dans le bac. Un test pour les phosphates PO4 est utile, surtout si le bac a déjà quelques mois d'existence. Au démarrage, vous devrez souvent vérifier l'ammoniaque (ou l'ammonium selon les appellations des fabricants) et les nitrites NO2. Bien sûr, en aquariophilie récifale et en maintenant des coraux, un test Calcium Ca est inévitable !

Les autres petits matériels sont ceux couramment employés en aquariophilie comme une ou deux épuisettes, des aimants pour le nettoyage rapide des vitres, etc.

Lors de la partie sur la résolution des problèmes classiques, les matériels optionnels tels que les réacteurs à calcaire, l'osmolateur et d'autres seront introduits.

L'EAU DE MER DANS LA NATURE :

L'idéal d'un aquarium est de se rapprocher le plus possible du milieu naturel. Il importe donc de connaître quelques interactions et quelques principes sur l'eau de mer naturelle.

Rappelons que l'eau de mer est très riche dans sa composition puisqu'elle regroupe plus de 60 constituants différents. Les principaux éléments sont les sels dissous et, qui définissent en principe la salinité, sont (par ordre de poids décroissant) : le chlorure de sodium (NaCl), le chlorure de magnésium (MgCl2), le sulfate de magnésium (MgSO4), le sulfate de calcium (CaSO4),
Mer ou OcéanSalinité S
Mer Rouge40
Côte est-africaine32-35
Ceylan30-34
Singapour30-32
Mer des Caraïbes35
Floride34-35
Philippines30-34
Mer de java32
le sulfate de potassium (K2SO4), le carbonate de calcium (CaCO3) et le bromure de potassium (KBr). Ceci introduit certains noms qui vont se retrouver tout au long de votre vie d'aquariophile marin (par ordre de poids décroissant) : Chlore, Sodium, Magnésium, Soufre, Calcium, Potassium, Brome, Carbone. A moindre titre, il faut noter la présence dans l'eau de mer naturelle de Strontium, de Bore, de Silice (très variable) et de Fluor. Tous les autres éléments constituants atteignent des concentrations extrêmement faibles et seront ignorés.

Il faut noter la remarquable stabilité de la composition de l'eau de mer au travers des mers et océans du globe. Toutefois, les mers et océans n'ont pas les mêmes salinités (exprimées en gramme par litre), variant de 30 à 40 g/l selon les endroits (cf. tableau ci-contre).

Toutefois, plus qu'en salinité, nous parlons généralement, pour des raisons pratiques, de poids spécifique ou de densité. Mais comme la température influence le poids spécifique, les valeurs diffèrent de celles indiquées en g/l. Malgré tout, l'idéal consisterait à connaître parfaitement la salinité/densité le plus précisemment possible.

Composition de l'eau de mer naturelle

Les concentrations des éléments chimiques composant l'eau de mer naturelle (en anglais: NSW ou Natural Sea Water) sont exprimées en parts par million (ppm).

Les valeurs obtenues des concentrations peuvent varier en fonction de l'origine géographique et en fonction des techniques utilisées pour peser les divers éléments. Les valeurs indiquées sont issues de la moyenne de deux sources différentes, tant en localisation que dans le temps. Evidemment, la proximité d'une embouchure de fleuve par exemple, apporte aussi son lot de variations dans la composition de l'eau de mer naturelle.

Elementppm
1Chlore, Cl19 250
2Sodium, Na10 680
3Magnésium, Mg1 284
4Soufre, S905
5Calcium, Ca412
6Potassium, K391
7Brome, Br67
8Carbone, C28
9Azote, N11,5
10Strontium, Sr7,94
11Oxygène, O6
12Bore, B4,4
13Silicium, Si2
14Fluor, F1,3
15Argon, Ar0,43
16Lithium, Li0,176
17Rubidium, Rb0,12
18Phosphore, P0,06
19Iode, I0,06
20Baryum, Ba0,017
21Molybdène, Mo0,01
22Arsenic, As0,0037
23Uranium, U0,0032
24Vanadium, V0,0025
25Titane, Ti0,0008
26Zinc, Zn0,00048
27Nickel, Ni0,00047
28Aluminium, Al0,00035
29Césium, Cs0,00034
30Chrome, Cr0,00025
Elementppm
31Antimoine, Sb0,00024
32Krypton, Kr0,0002
33Sélénium, Se0,0002
34Néon, Ne0,00012
35Manganèse, Mn0,0001
36Cadmium, Cd0,0001
37Cuivre, Cu0,0001
38Tungstène, W0,0001
39Fer, Fe0,000056
40Xénon, Xe0,00005
41Zirconium, Zr0,00003
42Bismuth, Bi0,00002
43Niobium, Nb0,00001
44Thallium, Tl0,00001
45Thorium, Th0,00001
46Hafnium, Hf7 x 10-6
47Hélium, He6.8 x 10-6
48Béryllium, Be5.6 x 10-6
49Germanium, Ge5 x 10-6
50Or, Au4 x 10-6
51Rhénium, Re4 x 10-6
52Cobalt, Co3 x 10-6
53Lanthane, La3 x 10-6
54Néodyme, Nd3 x 10-6
55Plomb, Pb2 x 10-6
56Argent, Ag2 x 10-6
57Tantale, Ta2 x 10-6
58Gallium, Ga2 x 10-6
59Yttrium, Y1.3 x 10-6
60Mercure, Hg1 x 10-6
Elementppm
61Cérium, Ce1 x 10-6
62Dysprosium, Dy9 x 10-7
63Erbium, Er8 x 10-7
64Ytterbium, Yb8 x 10-7
65Gadolinium, Gd7 x 10-7
66Praséodyme, Pr6 x 10-7
67Scandium, Sc6 x 10-7
68Etain, Sn6 x 10-7
69Holmium, Ho2 x 10-7
70Lutécium, Lu2 x 10-7
71Thulium, Tm2 x 10-7
72Indium, In1 x 10-7
73Terbium, Tb1 x 10-7
74Palladium, Pd5 x 10-8
75Samarium, Sm5 x 10-8
76Tellure, Te1 x 10-8
77Europium, Eu1 x 10-8
78Radium, Ra7 x 10-11
79Protactinium, Pa5 x 10-11
80Radon, Rn6 x 10-16
Références:

  • Bearman G.,
    Ocean chemistry and deep-sea sediments,
    Pergamon, 1989.
  • Pilson M. E. Q.,
    An Introduction to the Chemistry of the Sea,
    Prentice-Hall, 1998.
  • UNE STABILITE EXEMPLAIRE :

    eau agitée La composition de l'eau de mer est d'une telle stabilité que seules quelques altérations faibles et temporaires peuvent être observées. Les éléments vitaux sont également stables et présents dans les conditions requises. La teneur en oxygène est toujours faible. La concentration en matières organiques est peu élevée, de même que celle des constituants inorganiques résultant de l'action des bactéries sur ces matières organiques. Le pH est constant et compris entre 8,1 et 8,3. Les bactéries sont en nombre limité. L'eau est agitée constamment. En bref, on peut considérer le milieu des récifs comme un milieu idéal, voire même comme un milieu optimal. C'est la raison pour laquelle on y trouve un très grand nombre d'espèces différentes, chacune représentée par un grand nombre d'individus. La surpopulation du milieu est fréquente et chaque individu doit quotidiennement lutter pour se nourrir et pour se maintenir. Par ailleurs, de nombreuses espèces prédatrices peuplent également les récifs ou y font des incursions fréquentes pour y chasser. La lutte pour la vie est donc permanente et particulièrement difficile. Lors de plongées, il est d'ailleurs étonnant de constater le nombre de poissons de récifs qui portent les marques de cette lutte. Cependant, malgré la concurrence et le danger constant, le récif reste un milieu idéal ! De là proviennent prédateur : requin (cf. requin) les nombreuses difficultés que l'on doit surmonter lorsqu'on veut conserver ces animaux en aquarium. Les animaux ont l'habitude de vivre dans un milieutellement stable qu'ils sont devenus très exigeants. Et comme dans leur milieu naturel, ils n'ont jamais eu à affronter des conditions défavorables, ils n'ont jamais développé au cours de leur évolution de mécanismes protecteurs (au contraire des animaux d'eau douce, souvent contraints à de brusques variations de milieu : crues, pollution naturelle passagère, etc). Ils n'ont pas de mécanismes d'adaptation souple et efficace. En fait, ils connaissent certaines facultés d'adaptation (sinon, il serait vraiment impossible de les maintenir en aquarium), mais elles sont faibles et s'activent LENTEMENT.

    De ces observations, il résulte 2 règles simples : il ne faut jamais exposer les poissons récifaux à des variations brusques de milieu, il est nécessaire de leur procurer un milieu artificiel aussi proche que possible du milieu naturel. C'est là une tâche difficile mais c'est notre but d'aquariophile marin ! Il faut alors en parle dans un magazine biotique.

    DES LIENS POUR MIEUX S'Y RETROUVER :

    Au départ, il faut en prendre plein les yeux, cela permet souvent de se convaincre qu'il est difficile de faire mieux que la nature, mais elle donne des exemples fantastiquement beaux. ;) Aussi, les adresses suivantes indiquent les sites de quelques photographes sous-marins. Il faut noter que Denis Tapparel a accordé le droit d'utiliser ses photos pour ce manuel, je l'en remercie avec sincérité!

    Visiteurs à compter du 27 août 2005 : Guide du débutant en aquariophilie marine